Attendons le facteur

Attendons le facteur

Le facteur ne sonne plus, ni deux fois, comme dans le roman de James Cain, ni même une, car il ou elle, la factrice se contente de placer le courrier en lieu, en général appelé « boîte aux lettres », ou en mains propres.

Facteur fait partie de ces mots qui, d'un sens très général et abstrait, se sont incarnés de manière de plus en plus précise. En effet, le factor latin est celui qui fait facere, au sens le plus intense du terme : un créateur, un auteur - on disait en grec poiêtês, qui, par d'autres voies, a donné poète. Au Moyen Âge et à la Renaissance, en français, le facteur, s'il n'est pas un écrivain, est le divin créateur, « facteur » en effet de toutes choses. À cette époque, on est en plein latinisme noble, classique pour la littérature, christianisé pour la Genèse.

Mais ce mot n'a pas tenu dans le registre sublime. Trahissant son antique fonction, un Moyen Âge bourgeois et commerçant l'a appliqué à l'intermédiaire qui fait un négoce pour le compte d'un autre. ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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