Arthur Schnitzler, une heureuse découverte tardive

Arthur Schnitzler, une heureuse découverte tardive

Étonnamment encore inédit, le roman Gloire tardive (1894) constitue une pièce de choix : écrit au moment où Schnitzler abandonne la poésie, il offre un portrait acerbe de son propre cercle littéraire et de ses poses - l'auteur lui-même ne s'épargnant pas.

On aborde toujours avec un peu de méfiance les inédits des grands auteurs, retrouvés longtemps après leur mort : la publication se justifie-t-elle, et les éditeurs ont-ils vraiment débusqué autre chose qu'un fond de tiroir ? Dans le cas du petit roman Gloire tardive d'Arthur Schnitzler, le doute n'est pas permis : c'est bien un texte de valeur qui a été exhumé des archives, et seul le destin complexe de celles-ci, soustraites in extremis à la fureur destructrice des nazis, explique une publication si tardive. Cette longue « nouvelle » (ainsi la nomme Schnitzler dans son journal, mais le mot Novelle en allemand correspond plutôt à un bref roman) date de 1894 et, en la lisant, on comprend assez bien pourquoi l'auteur ne l'a pas publiée : ce petit tableau de la vie littéraire viennoise est une satire impitoyable du cercle de la « Jeune Vienne » dont Schnitzler lui-même faisait partie, et sa parution aurait de toute évidence été considérée comme un acte de tra ...

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