Jean Starobinski : « Comprendre comment les livres commencent »

Jean Starobinski : « Comprendre comment les livres commencent »

Grand commandeur de l'analyse littéraire, Jean Starobinski est toujours « à la tâche ». À 92 ans, il publie coup sur coup deux « portraits » (l'un de Rousseau, l'autre de Diderot) et un recueil de textes ayant trait à la mélancolie. Peut-être sa question essentielle, le trait d'union entre ses deux formations initiales : il est à la fois docteur en lettres et en médecine.

Il est le dernier survivant de ces grands subtils, lettrés et artistes du XXe siècle, associant commentaires savants et souci du style - les Paul Bénichou, Maurice Blanchot, Reinhart Koselleck et Mario Praz. À 92 ans, Jean Starobinski pourrait se satisfaire d'une oeuvre importante en volume et déjà classique, où se mêlent aussi bien aperçus sémiologiques et scientifiques que plaisir de l'art et de la littérature et plongées dans l'esprit du temps des époques passées - sans oublier ses activités éditoriales et critiques concernant Rousseau, Diderot, etc., ou ses contemporains comme Pierre Jean Jouve et son ami Yves Bonnefoy. Mais, selon son expression, il est encore « à la tâche ». Bien sûr, comme il le précise lui-même, « quand on arrive à l'âge que j'ai, le temps est venu des regroupements de ce qui est déjà accompli », quoique, ajoute-t-il, « il y ait encore quelques projets qui subsistent ». Résultat de cette activité d'éternel curieux, Jean Starobinski publie coup sur coup pas moins de trois recueils de ses textes, articles et préfaces : une monumentale Encre de la mélancolie, un ouvrage consacré à Rousseau (Accuser et séduire) et un autre à Diderot (Diderot, un diable de ramage - dont nous publions plus loin des extraits). L'occasion de faire le point avec lui sur ses grandes thématiques et ce qu'il a cherché, sa vie durant, à bâtir, et qui reste encore, comme l'on dit, in progress...

L'Encre de la mélancolie est une longue odyssée à travers l'histoire et les figures de celle-ci. Je relisais ce matin dans le train Paris-Genève votre merveilleux Portrait de l'artiste en saltimbanque de 1970 et pensais aussi à vos Trois lectures de Baudelaire parues en 1990. La mélancolie n'est-elle pas depuis toujours un des thèmes centraux de votre oeuvre ?

Jean Starobinski. Vous touchez juste. Il y a des points communs entre mon dernier recueil et ce Portrait que vous évoquez, où Baudelaire jouait déjà un rôle considérable. Le sentiment du défaut de réalité est un des tourments de la conscience dépressive. Comment en suis-je venu à cette thématique ? Mes premiers projets littéraires concernaient des dénonciateurs de masques : La Rochefoucauld, reflet d'un Grand Siècle au ciel nocturne, avec sa théologie dénonçant le péché qui se dissimule, l'orgueil qui travaille au fond des coeurs, l'appétit, le désir de posséder, etc., Rousseau, Stendhal. Ils ont été les témoins des conflits de leur époque. Et quelle part d'ombre en eux-mêmes se confondait avec les leurres dont ils se sentaient entourés ? La période de la guerre, lors de mes études littéraires, favorisait, même en pays neutre, à Genève, bien des réflexions sur le péril lié au maléfice du « paraître », comme aux illusions de l'« authenticité ». Combien de motifs justifiés n'y avait-il pas, en 1942, pour porter un intérêt durable au thème aventureux du masque et à celui de la mélancolie ! Je formais alors le projet d'un ouvrage qui eût comporté une série d'études littéraires traitant des ennemis des masques. En même temps, je commençais des études de médecine. Engagé dans ce nouveau domaine disciplinaire, j'eus la chance d'occuper, durant trois ans, un poste d'assistant à la faculté des lettres de l'université, auprès de Marcel Raymond, l'auteur d'un grand livre sur la poésie, De Baudelaire au surréalisme, et un des maîtres d'oeuvre de la grande édition critique des œuvres complètes de Rousseau dans La Pléiade. À Genève, mes domaines d'enseignement ont été d'une part la littérature française, d'autre part l'histoire de la médecine et de l'anthropologie médicale. Mais, même dans les trois années où j'ai enseigné la littérature française à l'université Johns Hopkins de Baltimore, je n'ai perdu de vue ni la médecine ni son histoire. De cette recherche mixte résultèrent une thèse de littérature sur Rousseau et une autre de médecine, sur l'histoire du traitement de la mélancolie, qui parurent presque en même temps. L'Encre de la mélancolie appartient pleinement à ce champ d'études comparatives.

Parmi les personnages auxquels vous accordez une grande importance dans votre recueil, il y a Démocrite, le philosophe d'Abdère.

Démocrite est en effet le personnage par lequel peut commencer une histoire de la mélancolie. Dans la légende érudite, il est le philosophe qui rit de la folie du monde, dont l'hilarité est provoquée par la « bile noire », qui est la traduction exacte du terme grec. Au XVIIe siècle, l'érudit oxfordien Robert Burton adopta le pseudonyme de Democritus Junior, de « nouveau Démocrite », quand il publia cet extraordinaire ouvrage encyclopédique, qu'il avait intitulé The Anatomy of Melancholy et qui connut dès sa parution un très grand succès. C'est un vaste inventaire classifié des folies du monde, de toutes les manifestations, physiques et morales, de la mélancolie à travers les conditions sociales et les siècles, où ont puisé tant d'auteurs. Un des essais de mon recueil reprend la préface que j'ai écrite pour la réédition, chez Corti, de la traduction française.

Votre thèse de médecine, sur laquelle s'ouvre votre livre, décrit le passage d'une interprétation matérielle de la mélancolie, fondée sur l'idée d'un excès dans le corps de cette bile noire dont vous parlez, à une vision « relationnelle », comme émanant d'un désordre des relations avec les autres.

La théorie de la mélancolie naît du moment où les philosophes et les médecins s'avisent d'expliquer la peur, la tristesse, les désordres de l'esprit, par une cause naturelle qui puisse évincer l'interprétation mythique. Ce ne sont plus alors les dieux, ni les démons, ni la mystérieuse Nuit qui troublent la raison des hommes. Ils sont en proie à une substance qui s'accumule en excès dans leur corps. La supposition, relativement tardive, des médecins antiques était en effet qu'intervient dans la mélancolie - et le mot est là pour le dire - une étiologie. La faute du trouble est à rechercher dans l'action d'une bile qui n'a pas la couleur qu'elle devrait avoir, s'est altérée et devient un toxique venant empoisonner l'être vivant. La tradition qui associe noirceur et humeur à mélancolie a fait, en bref, pendant longtemps, de l'« humeur noire » la responsable de tous ces troubles. On se trouve en présence ici de ce que Bachelard aurait appelé une « imagination substantielle » ou matérielle. Et il a fallu beaucoup de disputes et des évolutions du langage médical pour que, à partir de la fin du XIXe siècle, et même un peu avant, on en vienne à penser, d'abord avec la psychanalyse, qu'il pourrait y avoir là des fixations ou des refoulements, des « ratés » dans le jeu des directions de l'influx, puis, avec la nouvelle histologie, des dysfonctions du système nerveux, des défauts de connexion entre les cellules cérébrales. Le langage a alors eu à sa disposition d'autres alphabets, d'autres répertoires pour rendre compte de la mélancolie.

Ce que vous dites évoque ces changements de paradigmes qu'analyse l'historien des sciences Thomas Kuhn dans sa célèbre Structure des révolutions scientifiques , comme, par exemple, en mécanique, le passage de la conception médiévale de l' impetus à celle de l'inertie galiléenne.

Ce que je viens d'essayer de définir est en effet un changement de paradigme, un autre modèle du système nerveux ou de l'organisme en son entier. Nous sommes dans un domaine où la pensée se confie à des métaphores, grâce auxquelles elle peut progresser, qui lui permettent d'élaborer des pratiques parfois heureuses. Mais il est indispensable de rester constamment conscient du fait qu'il ne s'agit là que de métaphores, et que des modèles différents peuvent surgir à partir d'éléments nouveaux dont on peut supposer qu'ils ont un rôle à jouer dans les phénomènes qu'on envisage. La langue change, la langue changera, quand un facteur aura été mis en évidence, qui modifie nos modèles, les rapports que nous invoquons comme modèles.

On touche là à une dimension de votre travail qu'illustrent plusieurs essais de votre livre sur l'invention du concept de nostalgie, mais que vous semblez n'avoir pas tant cherché que cela à développer, sinon dans vos deux très beaux ouvrages illustrés sur l'art avant et sous la Révolution, L'Invention de la liberté et Les Emblèmes de la Raison, et dans Action et réaction : j'entends celle de l'analyse du Zeitgeist , de l'esprit du temps, et de ce qui circule sous lui en tant qu'« épistémè », comme l'a fait par exemple Michel Foucault dans Les Mots et les Choses.

Sans être toujours d'accord avec lui, j'éprouve de la sympathie pour la façon dont procédait Foucault. Il avait ce goût de porter son regard sur des horizons qu'il rapprochait, et très peu savent le faire à bon escient. À Johns Hopkins, j'ai croisé le vieil Arthur Lovejoy, le fondateur de la discipline de l'histoire des idées, dont j'admirais la grande histoire du primitivisme, cette anthologie de la nostalgie des premiers temps qu'il avait rassemblée avec le philosophe George Boas. Si j'en suis, pour ma part, plus ou moins resté à l'analyse littéraire, c'est peut-être dû à ma situation genevoise. L'histoire littéraire, telle que Marcel Raymond la concevait, n'était pas réduite à elle-même, confinée dans son seul domaine. Raymond aimait mettre en rapport diverses oeuvres, y compris philosophiques. Pour lui, l'analyse littéraire était comme une amorce de réflexion d'histoire des idées, où la part personnelle était très importante. C'est ce que j'ai cherché moi aussi à faire. Je pratique de grands écarts. Qui de plus opposé par exemple à Kierkegaard, dont je traite dans L'Encre de la mélancolie, que Diderot, auquel j'ai donné tant d'attention ces derniers temps ? C'est un homme qui, à tout moment, écoute ceux qui parlent, entend ou imagine entendre le bruit des batailles dans les tableaux, qui a partout à percevoir quelque chose par tous les sens.

C'est presque un autoportrait... Mais, avant d'y venir, la référence que vous faites à Kierkegaard - à qui vous consacrez dans L'Encre de la mélancolie deux essais très savants - amène à poser la question de vos rapports à la philosophie. Ces essais, comme d'autres, auraient pu vous y conduire. Et pourtant, c'est un genre que vous semblez là aussi n'avoir pas vraiment désiré emprunter...

Mes rapports à la philosophie n'ont en effet pas été immédiats. Mais quelques philosophes que j'ai rencontrés m'ont beaucoup marqué. Je pense par exemple à Jean Wahl, qui m'a invité à son Collège de philosophie. Comme vous le savez, c'était un des grands interprètes de Kierkegaard. J'ai eu aussi de grands liens avec Jeanne Hersch, une disciple de Jaspers. Je n'ai pas connu ce dernier, mais je l'ai aperçu parfois à Bâle, quand nous donnions tous deux des cours à l'université. C'était un homme très grand, toujours impeccablement habillé, qui arrivait dans une longue limousine noire. J'ai aussi beaucoup tiré profit de mes conversations avec quelques amis, comme Merleau-Ponty et Éric Weil, le fondateur, avec Bataille, de la revue Critique. C'était un spécialiste de la pensée de la Renaissance, un ancien élève de Cassirer, ami des historiens du groupe de Warburg, Sachs et peut-être Panofsky. C'était aussi un formidable connaisseur de Hegel et un interlocuteur exigeant. S'entretenir avec lui était une expérience extrêmement impressionnante.

Étrangement, dans votre oeuvre, vous parlez peu de Nietzsche et de Schopenhauer, pourtant très proches de vos thématiques.

C'est vrai. Je n'ai pas eu une lecture vraiment suivie de Nietzsche et n'ai pas beaucoup fréquenté Schopenhauer, qui a pourtant influencé toute une génération d'écrivains, Laforgue, Gide, etc. Je me suis tout de même plus intéressé au premier, au travers de Rousseau et la musique - Rousseau apparaissant comme une sorte de chaînon intermédiaire entre l'opéra de la Renaissance et les conceptions de Nietzsche. C'est un travail qu'il faudrait que je reprenne...

En même temps, on a l'impression que, ce qui vous retient avant tout, c'est, comme Diderot, le dialogue avec les autres, et avec les auteurs en particulier.

Oui. Je suis un lecteur qui prend plaisir à la lecture, qui essaie d'analyser son plaisir et d'y trouver des structures chaque fois d'un nouveau type. Disons que, ce qui m'intéresse, c'est la relation. J'ai d'ailleurs intitulé un de mes ouvrages La Relation critique.

Dans L'Encre de la mélancolie , vous avez cette phrase : « Écrire, c'est transformer l'impossibilité de vivre en possibilité de dire. » Quels sont les rapports entre mélancolie et art ?

La mélancolie n'est pas une présence, si j'ose dire, permanente dans la conscience individuelle, mais elle peut se vivre comme une phase du développement ou de l'expression personnels ; cette phase, une fois dépassée, laisse une trace, une mémoire, une culpabilité ou un regret. Et c'est alors que se développe un retour sur soi, une interprétation de soi, et l'invention d'un vocabulaire venant décrire ce qui s'est passé, classer l'événement et déclarer le passage à une nouvelle vie, à un dépassement. D'où le fait que la mélancolie a été parfois, surtout entre la Renaissance et le XIXe siècle, par reprise des modèles antiques, symbolisée par la descente aux enfers, la traversée d'une contrée désertique, d'une forêt, etc. Il y a là toute une élaboration pour objectiver la période douloureuse et en même temps s'en séparer. Encore faut-il que cela se passe à l'intérieur d'une communauté de langage, que le mélancolique délivré ait la possibilité de retrouver une insertion, une conscience de l'insertion dans le groupe social. La mélancolie désinsère l'individu et la sortie de la mélancolie le réinsère parfois dans d'autres liens.

Vous-même, vous êtes un mélancolique ?

Je ne sais pas. Je ne me suis jamais posé la question. Je suis un lecteur du langage, ou plutôt des discours sur la mélancolie, mais je m'en tiens prudemment à distance. Je les lie à des oeuvres musicales, littéraires, etc., et j'essaie de faire le point sur leurs éléments constitutifs, les motifs qui habitent un texte ou bien l'effet de style, les ruptures, les suspensions, les inaboutissements qui permettent de deviner une souffrance, une interruption du flux de la pensée. Mais, au fond, ça n'est pas aujourd'hui mon principal intérêt. Je suis devenu un lecteur qui a bonheur à voir ce qui, dans un beau texte, un texte fortement marqué par la présence de l'écrivain, constitue un univers plus vaste que celui-là même qui a été pensé par l'auteur.

Un des essais les plus remarquables de votre livre, « La mélancolie d'une belle journée », traite de Pierre Jean Jouve, que vous avez très bien connu, dont vous avez même préfacé et édité certaines oeuvres. À le lire, on se dit qu'il n'a pas encore la place, parmi les toutes premières, qu'il devrait occuper dans notre littérature.

Je crois en effet que c'est un homme qu'on redécouvrira dans sa complexité, la grandeur de certains de ses textes, dans ses faiblesses aussi. Les années qui viennent devraient au moins engager à lire son oeuvre reniée, rattachée à la guerre de 1914. Il était l'un des compagnons pacifistes de Romain Rolland. En 1917, au milieu du conflit mondial, il a donné une lecture de ses textes à Zurich avec Stefan Zweig, qui lisait les siens. À distance, on se prend à méditer sur tout ce que la guerre de 1914 a provoqué par la suite dans ce siècle. Ç'a été au fond la grande entrée dans le malheur de l'Europe !

Ce qu'on garde surtout de cet essai, ce sont certains passages, splendides, et les commentaires que vous en faites, du Monde désert. Comme si vous cherchiez plus à entrer dans un univers et à y faire entrer vos lecteurs qu'à proprement l'analyser et encore moins, bien sûr, le juger.

Je n'ai en effet jamais été tenté par ce qu'on pourrait appeler la monographie d'un auteur, sur lequel il faudrait porter un diagnostic ou un jugement. Je sais quels sont les stéréotypes de la mélancolie, de sorte que, lorsqu'ils apparaissent, je suis en mesure de diagnostiquer qu'il s'agit d'un vocabulaire ou d'un langage pouvant être la trace d'une expérience de cet ordre. Mais je suis alors dans le texte, beaucoup plus que dans la personne qui écrit.

C'est une attitude contemplative ?

C'est une attitude d'interprète des textes et d'analyse du discours, mais en étant attentif aux enjeux de ces textes et discours, et pas simplement à leurs structures. Il s'agit de les comprendre, de montrer ce qui travaille dans le texte - et ce, dans un rapport aux problèmes qui sont les nôtres, en choisissant, parmi les auteurs, ceux qui ont contribué à former un certain esprit, pas seulement national, mais qui constitue notre réponse au passé, le monde contemporain, autrement dit. La question de l'auteur n'est donc pas évacuée, mais l'accent est mis sur le sens émanant de ce qui nous est donné à lire.

C'est aussi, pour vous, un plaisir esthétique ?

Évidemment. Quand il s'agit d'auteurs comme Rousseau et Diderot, il y a la page devant nous, le tableau devant nos yeux, ce qui a peut-être échappé à l'auteur mais s'est constitué pour notre lecture comme une sollicitation à notre émotion et à notre compréhension. Mon attitude n'est donc pas celle d'un clinicien cherchant à ranger tel ou tel texte dans des catégories, mais d'un lecteur qui laisse toujours à ses propres lecteurs une possibilité d'aller plus loin, qui éveille en eux un désir d'aller y voir eux-mêmes selon leur propre méthode, qui laisse ouverte la poursuite de la lecture. Il s'agit en bref d'actes de lecture. La critique n'a au fond, pour moi, d'autre tâche que de faire comprendre comment les livres commencent.

À lire de Jean Starobinski

L'Encre de la mélancolie, éd. du Seuil, « La Librairie du XXIe siècle », 662 p., 26 euros.

Accuser et séduire. Essais sur Jean-Jacques Rousseau, éd. Gallimard, « Bibliothèque des idées », 336 p., 19,50 euros.

Diderot, un diable de ramage, éd. Gallimard, « Bibliothèque des idées », 432 p., 22 euros. (Lire extraits plus loin.)

Repères

17 novembre 1920. Naissance à Genève. Son père, un médecin d'origine polonaise immigré en Suisse, rédigera en 1942 l'acte de décès de Robert Musil.

1942. Après une licence en lettres classiques,il entreprend des études de médecine.

1946-1953. Alterne les deux activités, littéraire et médicale : assistant de littérature française à l'université de Genève, puis interne à la Clinique thérapeutique de l'hôpital cantonal de Genève. Publie un Montesquieu par lui-même dans la collection « Écrivains de toujours » du Seuil.

1953-1956. Sur l'invitation de Georges Poulet, enseigne la littérature française à la Johns Hopkins University de Baltimore (États-Unis).

1958. Après son double doctorat en lettres (thèse en 1957, Jean-Jacques Rousseau : la transparence et l'obstacle, éd. Plon, 1957, et Gallimard, 1971) et en médecine (Histoire du traitement de la mélancolie), il met fin à toute activité médicale. Nommé professeur d'histoire des idées, puis professeur extraordinaire de littérature française à Genève.

1961. L'Œil vivant, sur Corneille, Racine, La Bruyère, Rousseau, Stendhal (Gallimard).

1970. La Relation critique (Gallimard), suivie, l'année suivante, des Mots sous les mots. Les Anagrammes de Ferdinand de Saussure (Gallimard).

1982. Montaigne en mouvement (Gallimard).

1987-1988. Professeur invité au Collège de France. Publie Le Remède dans le mal. Critique et légitimation de l'artifice à l'âge des Lumières (Gallimard).

1999. Action et réaction. Vie et aventures d'un couple (Seuil).

2005. Les Enchanteresses, sur l'opéra (Seuil).

2012. L'Encre de la mélancolie (Seuil), Accuser et séduire (sur Rousseau) et Diderot, un diable de ramage (Gallimard).

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard