Après Shoah

Après Shoah

Le cinéaste Claude Lanzmann avait posé le tabou de l'irreprésentable sur l'extermination. D'autres réalisateurs ont ouvert des brèches, avec des résultats divers.

Claude Lanzmann n'a pas connu les camps d'extermination. Phrase à la fois véridique et scandaleuse. Véridique : né en 1925, il passe la Seconde Guerre en Auvergne, où il s'engage dans la Résistance. Scandaleuse, car à partir des années 1970, l'homme voue sa vie à filmer la parole de ceux (déportés, bourreaux, « voisins ») qui ont vécu l'extermination des Juifs d'Europe - dont la stèle essentielle sera, en 1985, un film de presque dix heures, Shoah. Avec le temps, Lanzmann est ainsi devenu, à son tour, un témoin. Et Shoah a constitué un tel seuil que la mort de l'écrivain et cinéaste, le 5 juillet 2018, l'est aussi.

Lanzmann a en effet promulgué, mais aussi incarné le caractère irreprésentable de l'extermination. Intimidant, il montait au créneau dès lors qu'on s'aventurait à reconstituer les camps. Dans les années 1990, deux films fort contestables cristallisèrent cet enjeu : La vie est belle, de Roberto Benigni (1998) et La Liste de Schindler

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