Apostrophes, ma mère et moi

Apostrophes, ma mère et moi

Il y a quarante ans naissait « Apostrophes ». Avec un cheptel d'écrivains sans cesse renouvelé, les vendredis de « Bernard » réinventaient le salon littéraire et donnaient corps aux « faiseurs de livres ».

Je fus longtemps un enfant malade. Près de mon lit toujours, s'alignaient sur ma table de nuit des flacons de sirop, des boîtes de comprimés, de petits papiers pliés contenant des poudres, de grands bocaux de granulés jaunes que je mangeais par cuillerées, des cataplasmes, des ampoules, et des livres bien sûr.

Des livres.

Mon enfance fut une enfance de médicaments et de livres, de médecins, d'infirmières, de poètes et d'écrivains, de fièvres, de seringues, d'interventions chirurgicales, d'éther, de cicatrices, de quatrains, d'épopées, de tragédies.

Ma mère veillait sur tout cela, et me surveillait moi. Je crois bien que, si j'étais ainsi constamment malade, c'était certes en raison d'une constitution faible, mais surtout parce que je n'avais pas envie de la quitter, parce que je ne pouvais imaginer ma vie sans elle, et que les heures d'école, qui n'étaient pourtant jamais très longues, l'étaient déjà trop, puisqu'elles lui permettaient de vivre sans moi, de re ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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