Ann Radcliffe. L'enchanteresse patronnesse

Ann Radcliffe. L'enchanteresse patronnesse

Est-ce un effet des noms qu'elle aura portés ? Toujours est-il que, née Ann Ward (« pupille », en anglais, mais aussi « pavillon », dans un hôpital ou une prison), l'année où le premier roman gothique voit le jour (1764), cette fille de commerçant, auteur (d'abord anonyme) des Mystères d'Udolphe (1794), devient Radcliffe en épousant un journaliste entreprenant. Rien de fortuit, voulons-nous croire, dans de tels patronymes. Pupilles, elles sont nombreuses à l'être, les héroïnes créées par la romancière, dont Émilie Saint-Aubert et Elena Rosalba. Toutes ne sont pas orphelines, mais elles se voient confiées à la garde d'un tuteur plus ou moins tyrannique, d'une tante plus ou moins aimable. À ce titre, elles incarnent bien cette vulnérabilité qui appartient en propre aux héroïnes gothiques, sur le corps sans défense desquelles les villains, Montoni ou Schedoni, inscrivent la noirceur de leurs violents desseins, de leurs coupables désirs. Quant à la désinence cliff, ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard