Andreï Makine, Le Testament français

Andreï Makine, Le Testament français

« Il est un air pour qui je donnerais/ Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,/ Un air très vieux, languissant et funèbre,/ Qui pour moi seul a des charmes secrets. » Traversé par ces vers de Nerval, Le Testament français évite avec un rare bonheur la pesanteur des romans d'inspiration autobiographique. Andreï Makine, né et grandi en Russie, comme son narrateur, partage avec lui l'angoissant privilège d'être bilingue. Il le doit à sa grand-mère française, Charlotte, femme d'exception : là où d'autres distilleraient haine ou mauvaise conscience, elle comprend, apaise. Pourtant, le passé qu'elle relate à son petit-fils est tissé d'atrocités : le lycée de Neuilly transformé en hôpital pendant la Grande Guerre ; les gros plans de cannibalisme chez les Tatars, dans cette Russie d'après la révolution d'Octobre où Charlotte revient comme infirmière ; les « cimetières flottants » des malades du typhus. Charlotte a tout enduré, du viol à la destruction de ses papiers parce qu'on la ...

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 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

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