Amour et désillusion

Amour et désillusion

L'opéra Bastille présente Manon, de Jules Massenet, d'après le roman de l'abbé Prévost. Vincent Huguet, le metteur en scène, nous livre sa vision de la femme la plus fatale.

Quelle est la lecture que vous proposez du personnage de Manon ?

Vincent Huguet. - L'abbé Prévost a situé son histoire entre deux époques, pendant la Régence, et a décrit un monde assez permissif. Après réflexion, j'ai choisi de situer la mise en scène au XXe siècle, dans l'entre-deux-guerres : l'hédonisme de la jeune femme n'apparaît plus comme une coquetterie, il est lié à une urgence que partagent ceux qui l'entourent. Quand on sort d'une guerre et qu'on en voit venir une autre, on a des raisons de vouloir s'amuser, vivre vite, et cela éclaire les arias que Manon chante. C'est aussi l'époque où l'on voit émerger des femmes indépendantes, qui ont le permis de conduire, qui demandent celui de voter, qui percent par leur seul mérite dans le music-hall, comme Joséphine Baker, devenue la première star noire, que Manon va voir danser. Ce que nous vivons, entre le féminisme et le postcolonial, prolonge ce qu'ont vécu les femmes de cette époque ; ...

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Entretien

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