ALICE AU PAYS DES SOVIETS

ALICE AU PAYS DES SOVIETS

En 1965, l'écrivain russe, futur banni du régime soviétique, affirmait déjà dans ce texte bouffon sa liberté créatrice et son sens de la satire.

Avant d'être consacré par le prix Booker russe en 2004, Vassili Axionov connut la censure et la déchéance de nationalité. L'Oiseau d'acier, nouvelle kafkaïenne écrite en 1965, y a sûrement sa part. Posté devant le 14 rue de la Lanterne, le mystérieux Popenkov désire retrouver le vice-ministre Z - caricature hilarante de la nomenklatura -, habitant le modeste immeuble par « lubie ». Nicolaïev, gérant de l'édifice, est sollicité pour résoudre les discordes les plus dérisoires entre les locataires. Soufflant dans son cornet à pistons, il produit des paroles maussades dont la drôlerie rappelle les chansons d'Alice au pays des merveilles et dans lesquelles Staline se retrouve infantilisé. Popenkov réussit à apitoyer Nicolaïev, qui le laisse s'installer dans l'ascenseur.

À mesure que le régime soviétique périclite, notre parasite s'étale, développe des pouvoirs surnaturels et se métamorphose, progressivement, en « oiseau d'acier ». Ses désirs deviennent des ordre ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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