Albertine à Istanbul

Albertine à Istanbul

Dans Le Livre noir , d'Orhan Pamuk, un vieux lecteur turc s'absorbe dans l'histoire d'Albertine : en permanence, il se la remémore avec de multiples variations et modifications - comme tout lecteur.

Dans l'Istanbul du Livre noir, un homme part à la recherche de sa femme disparue. Très vite, on pense à Proust. Mais le jeu de reflets se complique avec l'une des innombrables histoires enchâssées dans le roman, celle d'un vieux journaliste lecteur de Proust. Dans sa vie sordide et monotone, il n'a connu qu'un seul événement : la découverte du pouvoir magique de la fiction, la lecture, sans cesse répétée, de l'oeuvre de Proust. Mais peut-on encore parler de lecture ? Le vieux journaliste, qui vit sans autre compagnie qu'un chat encore plus vieux que lui, s'est ainsi inventé une Albertine, qui lui permet d'oublier la grossièreté et l'ennui de sa vie quotidienne. Il passe ses journées à se répéter : « De toute façon, je ne suis pas là, moi, en cet instant, je suis chez moi, dans ma chambre à coucher et j'imagine ce que fait mon Albertine à moi, qui dort encore dans la pièce voisine, et qui est sur le point de se réveiller, j'entends avec joie, avec ravissement, le doux bruit de ses pa ...

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