ADOLESCENTEAD ÆTERNAM

ADOLESCENTEAD ÆTERNAM

Elle n'est plus une enfant mais elle refuse toute concession au monde des adultes, pitoyables à ses yeux. Et si Antigone était le premier récit consacré aux affres de l'adolescence ?

À l'adolescence, la vie peut ressembler à cette « aube grise et livide dans une maison qui dort » qui baigne la pièce d'Anouilh. Un lieu où le temps est suspendu, une ère blanche où tout peut arriver mais où l'on croit que rien n'arrivera jamais. Plus vraiment un enfant. Pas encore un adulte. Il convient de tuer le premier pour qu'advienne son héritier. Un deuil nécessaire, le même qu'Antigone. Le deuil de tous ces adultes, autrefois forts et consolants, aujourd'hui ternes et décevants, en errance. Créon n'est-il pas un roi pathétique, avec son bonheur misérable, tous ses efforts pour l'obtenir ? Faudra-t-il inévitablement devenir ce genre de créature un jour ? Jamais. Le deuil de la confortable dépendance infantile où les besoins étaient comblés parfois même avant d'être pensés. Antigone émerge de ce rêve tendre et découvre l'absurdité de la loi, de la société, de ces êtres qui ne l'ont créée que pour s'y soumettre. Il lui faudra du courage pour supporter cet éveil. Elle supplie sa ...

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