Activistes décatis

Activistes décatis

Après Elles à L.A. éd. de l'Aube, 2003, brillante critique des paillettes de Los Angeles, le second roman de Dana Spiotta écorche encore le rêve américain en affrontant le poids mort de la mémoire, qu'elle soit personnelle ou politique. Ils s'appellent Mary Whittaker et Bobby Desoto, ces deux activistes pris au piège de l'action directe après une manifestation contre la guerre du Vietnam qui tourne à l'attentat meurtrier. Jouant, non sans une certaine méchanceté, sur cette mythologie américaine qui consiste à vouloir sans cesse se réinventer, Dana Spiotta orchestre avec brio la valse des identités de ces deux fugitifs, rongés par la peur et par les remords. Vingt-cinq ans après les faits, Bobby se fait appeler Nash et gère une librairie alternative, un « sanctuaire de la subversion pour marginaux et zonards ». Mary est devenue Louise, une mère au foyer qui tue l'ennui à coups de haschisch ou de cocktails alcoolisés, et se surprend à rêvasser sur un vieux morceau des Beach Boys que s ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard