ACHEVÉ SUR LE FIL DE L'ÉPÉE

ACHEVÉ SUR LE FIL DE L'ÉPÉE

Bourreau de travail et avide de perfection, Rostand retoucha Cyrano - avec le soutien de son épouse - jusqu'au dernier moment, toujours hanté par le spectre du « four ».

Àcoups d'anecdotes, Rostand tout aussi bien que son épouse, Rosemonde Gérard, ont entretenu la légende de la naissance de Cyrano. Il s'agit d'alimenter les journaux et revues de l'époque, qui voit apparaître la starisation des artistes. On apprend ainsi que le jeune Edmond, en vacances à Luchon, a aidé un ami un peu sot à séduire une jolie demoiselle. On découvre, et c'est déjà plus consistant car cela suscite plusieurs poèmes dans le premier recueil de Rostand, Les Musardises (1890), que, étant élève du collège Stanislas, il aimait un vieux pion, à la laideur repoussante, un peu poète, surnommé Pif-luisant. À Stanislas encore, un professeur lui fait découvrir Les Grotesques de Théophile Gautier où figure le libertin Cyrano.

L'anecdote est commode pour cacher la réalité, plus laborieuse et pénible. « Son travail était tout pour lui. Tout l'y ramenait, confie Rosemonde. Rien ne l'en détachait. C'était une main pâle écrivant fébrilement beaucoup de lignes d'u ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard