Ô Choir, ô désespoir

Ô Choir, ô désespoir

Choir est un nom propre, ça tombe bien. Choir est le nom d'une île dont les habitants n'ont qu'une idée en tête : laisser Choir. Comme bien des îles, Choir est une terre entourée d'eau, les presqu'îles ne le sont pas tout à fait, mais que dire de Choir que la mer cerne et décerne à la fois : ses côtes externes sont marines, et elle abrite en son sein une mer intérieure qui n'envie rien à l'autre, car, comme sur le ruban de Moebius, le dedans et le dehors se confondent. Choir est donc une « plusqu'île », mais qui peut le plus peut le moins. Choir peut surtout le moins, et le moins que Choir puisse est d'exercer sur ses habitants une force centripète qui les cloue sur son sol fangeux au point qu'à s'envoler ils y laisseraient leurs bottes. Et pourtant, de cet enfer, ils n'ont d'autre aspiration que de le quitter par les airs comme le fit jadis Ilinuk, qu'ils ne revirent jamais mais qu'ils attendent comme un messie spatial équipé d'une navette plus forte que la pesanteur. C'est le viei ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard