Énard sur un tapis d'Orient

Énard sur un tapis d'Orient

Nous voici à Vienne, enfermés toute une nuit avec un musicologue insomniaque et incollable à propos de l'Orient : il tresse mille récits, anecdotes et connaissances sur ce monde - aussi immense qu'intérieur.

Voilà bien une boussole qui ne vous empêchera pas de perdre le nord. Autant le dire tout de suite : elle indique l'est. Et c'est tant mieux puisqu'il sera dit, page 261, que : «L'important est de ne pas perdre l'est», juste lorsque vous venez d'apprendre, sept pages plus tôt, que Beethoven possédait une telle boussole, ou tout au moins, soyons précis, que le narrateur a près de lui une réplique de la boussole de Beethoven qui n'indique que l'est. Obstinément. La boussole est décrite avec une telle précision qu'on la voit. Le narrateur, entre crédulité et ironie, laisse entendre que Beethoven se l'était procurée dans une boutique de farces et attrapes, à Vienne, admettons, mais ce n'est pas la première fois qu'il nous embrouille. Et nous voilà bien attrapés. Bien attrapés, mais guère surpris puisque déjà rendus aux trois quarts du livre nous n'avons fait que marcher vers l'est à rebours de la rotation de la Terre, aiguillonnés par la boussole de Beethoven, que nous ne savions pas, et ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé