Éloge du ratage

Éloge du ratage

Recluse une nuit au musée, Lydie Salvayre reste de marbre devant les oeuvres, qui lui inspirent néanmoins un texte sublime sur la noblesse de l'échec.

Par Alexis Brocas et Aurélie Marcireau

Se laisser enfermer une nuit au musée Picasso, à Paris, alors qu'il abrite une exposition faisant dialoguer le taureau tutélaire et Giacometti, et voir quel texte en sortira... Lorsque son amie Alina lui a proposé cette expérience, la romancière Lydie Salvayre était pour le moins dubitative. Sur les conseils d'une autre amie et par goût pour L'Homme qui marche, de Giacometti, elle finit par accepter. La voilà au musée, où ses craintes se confirment. Les oeuvres la laissent de marbre, et Lydie Salvayre a la bonté de ne pas s'inventer un syndrome de Stendhal. Le lit de camp manque de confort. Et puis, dans le fond, les musées la dégoûtent, avec leur façon de présenter un art domestiqué, débarrassé du contexte et des passions qui président à la naissance des oeuvres. Mais l'écrivaine n'est pas dupe de ses propres emportements et les désamorce avec une élégante dérision.

Chemins inattendus

À ce stade, le lecteur se dit qu'il va assister à un exercice de haute vo ...

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