Éloge du pessimisme

Éloge du pessimisme

george steiner continue à partager son savoir avec bonheur, dans deux essais à paraître simultanément. L'un invite à réfléchir véritablement à l'avenir de l'Europe, l'autre à repenser la pensée elle-même.

« Notre culture est très triste », confiait George Steiner au Magazine littéraire en janvier 2004. Il avait en vue le privilège accordé par notre époque au superficiel et aux faux-semblants. Dans un essai de quatre-vingt-dix pages, il accroche aujourd'hui la bulle de la tristesse contemporaine au fil tragique d'un Homo sapiens obligé, hélas, de penser. Son point de départ est un passage lugubre de Schelling, philosophe surgi des nuages du romantisme allemand. Schelling évoque « le voile d'affliction qui s'étend sur toute la nature, la mélancolie profonde et inaltérable de toute vie ». Toute personnalité, poursuit le très chrétien Schelling, « repose sur un fond obscur », qui sert aussi « de fond à la connaissance ». Steiner pose la question à son tour : d'où vient la tristesse foncière de la pensée humaine ?

C'est une méditation en dix tableaux, chacun consacré, avec un brin d'effet rhétorique, à une « raison possible » de ladite tristesse. Beau texte entraînant et dense, ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard