Élisabeth Badinter, la fin des certitudes

Élisabeth Badinter, la fin des certitudes

Voix singulière dans la galaxie du féminisme, la philosophe s'est dressée contre les déterminismes et les a priori, renouant avec l'esprit des Lumières.

Elles sont trois filles, nées entre 1940 et 1946. La deuxième s'appelle Élisabeth. Elle se lève très tôt, comme son père. Chaque matin, quand la maison dort encore, l'enfant file vers sa chambre. Elle se blottit au bout de l'immense canapé qui lui sert de lit. Père et fille discutent de longues heures. Il lui répète souvent : « Accroche-toi avec les ongles. » Un credo que Marcel Bleustein-Blanchet a su respecter. Fils d'émigrés russes et polonais, il occupe le sommet de l'empire Publicis alors qu'il a quitté l'école à 12 ans ! Longtemps après, Élisabeth Badinter retrouvera ses bulletins scolaires. Seule mention : « Sait lire, écrire et compter. » « C'était suffisant », sourit-elle, assise dans son vaste bureau sous les toits parisiens, dont les fenêtres ouvrent sur le jardin du Luxembourg.

L'enfant grandit aux côtés de ce père hors norme, à lui seul un formidable pied de nez à l'ordre social. Du côté de sa mère, Élisabeth hérite d'une culture bourgeoise et catholique, ancrée ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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