Égaux mais pas semblables

Égaux mais pas semblables

Jean-Paul Sartre avait la rupture facile, et souvent définitive. Mais avec Maurice Merleau-Ponty, la querelle prit un tour à la fois philosophique et politique et engagea l'être même des deux intellectuels.

Jean-Paul Sartre s'est fâché avec beaucoup de monde. Les querelles avec Camus, avec Aron, sont célèbres, sinon légendaires. Elles se fondaient sur des raisons essentiellement politiques, idéologiques, voire personnelles. Sartre avait l'excommunication facile, et le prit souvent de haut. Aron, son « petit camarade », n'était qu'un « bourgeois » ; Camus péchait par insuffisance conceptuelle. Ces luttes de mâle dominant soucieux de garder le contrôle de la meute germanopratine, et sans mettre en cause la sincérité de Sartre dans les curieux cheminements politiques du début des années 1950 qui firent de lui, quatre années durant, le compagnon de route du parti communiste, prennent un tour plus complexe dans ses rapports avec Maurice Merleau-Ponty.

Les enjeux n'ont rien de personnel. On peut même avancer que la rupture fut douloureuse, tant l'amitié entre eux était réelle. La querelle fut politique, mais aussi philosophique au sens le plus noble, cette double dimension se mêla ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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