Écrit en direct de Facebook

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Je prends des dizaines de photos chaque jour, et même si elles ne débouchent pas toutes sur un commentaire, faute de temps, ce dédoublement du vécu en écriture est une des postures les plus troublantes et jouissives de l'état d'écrivain. J'affirmais il y a quelques jours : marre du livre définitif. Seul le processus compte. Et le plaisir que j'en retire. » Dans une des premières notes du journal qu'elle a tenu, pendant dix-huit mois, sur Facebook, Sylvie Gracia fixe les règles de ce travail impliquant une nouvelle manière d'être à la littérature autant qu'à la vie. Le geste photographique est premier, les mots viennent ensuite, à leur rythme, nécessairement plus lent, qui pousse le temps à la « faute ». Mais ils doivent eux aussi se soumettre au mode de publication choisi. Sur Internet, la fréquence des mises à jour est une des conditions de la visibilité d'une page Facebook et de la fidélisation de ses « amis », promus lecteurs.

L'urgence bouscule la mise à distance des émot ...

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Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

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DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon