À quel saint se vouer ?

À quel saint se vouer ?

Volontiers antipapistes, les romans noirs anglais font du moine l'incarnation fantasmatique de la perversion.

Ambroise ou le Moine, L'Italien ou le Confessionnal des pénitents noirs : signés de Matthew G. Lewis et d'Ann Radcliffe, les titres de ces deux chefs-d'oeuvre les plus emblématiques du roman gothique disent l'importance, à la fois poétique et fantasmatique, du catholicisme romain dans ce genre. À cet aspect récurrent, il y a des raisons bien sûr historiques : la rupture violente de la couronne anglaise avec Rome, sous le règne de Henry VIII, l'épisode grandiose et désastreux de l'« invincible Armada » espagnole et catholique échouant dans son attaque des côtes anglaises, une hostilité au « papisme » qui continua de prendre, même au XVIIIe siècle, des formes violentes - comme en témoignent les Gordon Riots, ces émeutes populaires anticatholiques déclenchées par la propagande du démagogue lord Gordon en juin 1780, qu'évoque Dickens dans Barnaby Rudge. Les récits gothiques répercutent largement cet antivaticanisme d'État, qui nourrit une puissante ob ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine