Toni Morrison : à lire

Toni Morrison : à lire

1970

L'ŒIL LE PLUS BLEU (traduit par Jean Guiloineau)

Au début des forties, Pecola, 12 ans, prie chaque nuit pour que le ciel lui envoie des yeux bleus et finit par sombrer dans la folie. Sa voisine Claudia, noire elle aussi, observe froidement la tragédie. Ce qui la protège du martyre, c'est une poupée blonde. « D'après le rire des adultes, je savais que cette poupée représentait ce qu'ils pensaient que je désirais le plus [...]. Qu'est-ce que j'étais censée faire avec elle ? Jouer avec elle ? Moi, je cassais les poupées blanches. »

1973

SULA (traduit par Pierre Alien)

Sula Peace est une figure allégorique de la marginalité. Violente et libre, cette héroïne permet de repenser toutes les valeurs sociales, tous les codes éthiques, les rapports hommes-femmes à l'intérieur d'une communauté.

1977

LE CHANT DE SALOMON (traduit par Jean Guiloineau)

Une saga qui va de la fin de la guerre de Sécession jusqu'en 1960, sur trois générations de Noirs, affublés du nom de Mort par un yankee ivre. Le roman se transmue en un opéra épique et sauvage sur l'esclavage, foisonnant de légendes africaines.

1987

BELOVED (traduit par Hortense Chabrier et Sylviane Rué)

L'esclave Sethe est une Médée qui préfère tuer son enfant plutôt que le voir connaître à son tour les fers. Elle veut que s'éteigne sa race, et avec elle l'abomination d'un système où des gamins de 10 ans fouettent des vieillards, par jeu.

1992

JAZZ (traduit par Pierre Alien)

Originaires du Sud, Joe et Violette rallient Harlem dans les années vingt. Tandis qu'elle lutte pour survivre, Joe tombe amoureux d'une lolita qui se joue de lui. Cette passion le mène en enfer, et elle, au tombeau.

1992

PLAYING IN THE DARK (traduit par Pierre Alien)

Issu de trois conférences à Harvard en 1990, cet ensemble opère une « géographie critique » de la littérature américaine. La société raciale s'y reflète à travers les romans de Melville, Hawthorne, James, Twain, Hemingway... En ressort son « impénétrable blancheur » - et « une race de lecteurs qui se pense comme "universelle" ».

2012

HOME (traduit par Christine Laferrière)

Un texte cinglant, racontant l'histoire d'un soldat noir, traumatisé par la guerre de Corée, qui rentre chez lui pour voler au secours de sa soeur, victime d'un médecin psychopathe. Une plongée dans l'Amérique ségrégationiste des années 1950.

2015

DÉLIVRANCES (traduit par Christine Laferrière)

Il était une fois Lula Ann, noire « comme la nuit », quand ses deux parents sont blancs. Devenue femme, elle se déguise en mariée permanente et se renomme Bride. Au fil des ans, ses poils pubiens disparaissent, sa poitrine s'aplatit. Elle redevient Lula Ann, dans un processus d'adolescence à rebours à travers lequel s'incarne l'impossibilité de fuir son passé.

Tous ces livres de Toni Morrison sont disponibles dans la collection de poche 10/18, hormis Playing in the Dark, éd. Christian Bourgois, « Titres ».

Nos livres

À lire : À lire : « Lanny », Max Porter, traduit de l'anglais par Charles Recoursé, éd. du Seuil

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon

OCTOBRE :

 Microclimat judiciaire : entretien avec Judtih Rochfeld

► De Big Brother à Big Other : inédit du dossier Orwell-Huxley

► « Le génie français, c’est la liberté ! » : version longue de l'entretien avec Laurent Joffrin

Les écrivains journalistes avec RetroNews

Pour accompagner notre dossier sur la littérature érotique, nous vous proposons de plonger, en partenariat avec Retronews, le site de presse de la Bnf, dans la vie de Rachilde, la reine des décadents.

Illustration : Le journal des Débats, 27 mars 1899 - source : RetroNews-BnF