À l'ami qui n'a pas sauvé sa vie

À l'ami qui n'a pas sauvé sa vie

Ils partageaient le goût de la mélancolie et la pratique d'un art conceptuel radical. Récit en miroir en hommage à Édouard Levé, suicidé en 2007.

Forçats de l'oeil avant tout, et des idées. Forçats d'un art conceptuel à l'ère du postmodernisme, celui qui faisait rêver deux grands enfants bourgeois installés dans le Nord parisien et qui les a conduits de l'art plastique à l'écriture. Bruno Gibert a rencontré Édouard Levé dans le quartier des Batignolles, où les deux jeunes artistes vivaient dans les années 1990. Restes de ce monde où les parents sont vouvoyés : des reliques dans l'appartement de Levé - « quelques portraits peints, une tête de mort, des animaux empaillés, [...] un fusil de chasse, [...] des verres en cristal » - qui incarnent « à merveille les résidus d'un temps révolu », ainsi qu'une sombre mélancolie.

Bruno Gibert, devenu écrivain auteur-illustrateur pour la jeunesse, se souvient de ces années de construction artistique - un peu à la Perec mais surtout dans la lignée de l'esthétique de la liste qui caractérise le travail d'Édouard Levé - et retrace deux parcours imbriqués avant que ce dernier, à la soc ...

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Entretien

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