À la fin du festin, une délirante pièce montée

À la fin du festin, une délirante pièce montée

Inachevés et encore méconnus, « Les Quatre Évangiles » forment l'ultime cycle romanesque de Zola. Utopie aux accents messianiques et à la limite de la science-fiction, d'un kistch tour à tour mièvre et sauvage, le projet se veut « un cantique de bonté », un hymne à la force et à la fécondité.

Du Zola de la fin des années 1890, l'histoire n'a retenu qu'une image : celle du dreyfusard frontalement engagé dans sa lutte pour la justice, l'homme des articles de 1897 dans Le Figaro, réclamant la révision du procès Dreyfus, celle du signataire du « J'accuse » en janvier 1898, puis celle du condamné, de l'exilé, et enfin du panthéonisé. Tout un pan de l'oeuvre semble minoré voire occulté par la stature mythique du pamphlétaire justicier. Passent ainsi au second plan moins le cycle des « Trois Villes », réédité, que l'ensemble romanesque qui leur succède : « Les Quatre Évangiles », difficilement trouvable aujourd'hui. C'est un peu l'Atlantide zolienne, un continent littéraire englouti, effacé de la carte éditoriale par l'absence de republication, et donc de lecteurs, l'ultime monument inachevé, une utopie finale restée en chantier. Un effacement dû au pivotement de l'image zolienne, du romanesque vers l'activisme politique ? Certes non, le Zola des « Évangiles » nous app ...

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