À la casse

À la casse

Georges Navel

Pour Jean Giono, il était un « Hésiode syndicaliste » : l'auteur des Travaux déclina un poste chez Gallimard, préférant rester ouvrier pour « casser de la caillasse », sans abandonner l'écriture.

L'auteur de Travaux (1945), grand succès de librairie de l'après-guerre, a voulu « dignifier la condition ouvrière ». Pour rester libre de ses mouvements, Georges Navel (1904-1993) n'a pas voulu être comestible et s'inventer une marionnette médiatique. Si on lui disait : « Vous êtes poète, vous devez souffrir... », il répondait : « Non, rassurez-vous, je travaille. »

L'inclassable est rattaché au courant populiste, mais plus proche de Louis Guilloux que d'Henri Pourrat. Né dans une famille d'ouvriers, il était le dernier de treize enfants dont cinq étaient morts, « des enfants à pleurer », écrit-il dans Travaux, son premier livre, où il raconte sans misérabilisme son enfance auprès des gens qui vivent en osmose avec la terre qu'ils cultivent, faim oblige. Sa mère avait des « mains à tartines », et la maison, avec la marmite pleine de soupe, diffusait « l'odeur de l'honnêteté ». Pour ne pas renier les siens, Georges Navel accepta sa condition d'ouvrier, cert ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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