À distance de son moi

À distance de son moi

Dans ses lettres, l'épistolière expatriée écrit de l'autre côté d'elle-même : détour vers une écriture de soi qui en dit plus sur son oeuvre que sur sa vie.

À 6 ans, Marguerite Yourcenar écrit une première lettre à sa tante Jeanne, sur l'agonie de Trier, son chien bien-aimé. Jusqu'à ses dernières lettres, en 1987, elle se révélera une grande épistolière, alliant les destinataires les plus variés - écrivains, critiques, éditeurs, parents, amis - adaptant style et ton au destinataire (1). Elle se garde bien de mélanger le public et le privé, comme le montre ce refus, à une traductrice, de citer ses impressions de Leningrad : « Premièrement, cette lettre me paraît avant tout une lettre, je veux dire une confidence faite à une personne seulement, sans arrière-pensée de publication, et je crois fermement que ce genre de texte n'est à sa place que dans une publication posthume. Deuxièmement, dans le cas qui nous occupe, je crains terriblement les malentendus. Je ne voudrais pas faire le jeu d'une propagande anticommuniste utilisant ce texte pour renforcer chez les gens des préjugés qu'ils ont déjà (2)...

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Entretien

Aurélie Charon © S.Remael/Ed. L’Iconoclaste

Aurélie Charon
Autrice de C'était pas mieux avant, ce sera mieux après (L'Iconoclaste)

Nos livres

NUAGE ORBITAL, Taiyô Fujii, traduit du japonais par Dominique et Frank Sylvain, éd. Atelier Akatombo

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