« Une foi en un mal sans rédemption »

« Une foi en un mal sans rédemption »

L'auteur des Antimodernes démontre que, pour ces écrivains opposés à la conception rousseauiste de l'homme naturellement bon, il est impossible d'échapper à la fatalité du péché originel.

L'expression « écrivain catholique », dans le cadre de vos recherches, a-t-elle pour vous une quelconque pertinence ?

Antoine Compagnon. - Je ne pense pas qu'elle en ait eu au moment où j'écrivais Les Antimodernes (2005). Dans ce livre, parmi les six figures qui me semblent caractériser la tradition antimoderne, il y a celle du péché originel, c'est-à-dire de la présence en l'homme du mal. C'est donc plutôt l'anti-rousseauisme (contre la thèse de l'homme naturellement bon) qui m'est apparu comme un trait commun à une lignée d'écrivains. Une idée très présente chez Joseph de Maistre, qui appartient clairement à la tradition catholique. Mais une croyance dans le mal, dans un mal fondamental, qui n'est pas nécessairement en lien avec la doctrine catholique, au sens strict. Une croyance qui est davantage d'ordre métaphysique ou cosmologique que théologique.

Si lignée il y a, faut-il la faire remonter en amont des « Moderne ...

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