« Un immense micmac »

« Un immense micmac »

C'est en ces termes que Barthes a pu résumer La Recherche. Loin d'être péjoratifs, ils condensent bien l'art proustien de la manigance, de la manipulation et de la désorientation.

Un an seulement après la publication du Temps retrouvé, Jacques-Émile Blanche remarqua dans son livre Mes modèles (1928) une pluralité troublante au coeur du roman de Proust. « Quelle place, unique, assignerons-nous à son oeuvre ? demandait-il. Entre la philosophie, la science, le poème épique, la satire, les Mémoires, et toutes les formes cataloguées jusqu'ici du roman ? » Cent ans après la publication du premier volume de La Recherche, malgré la quantité extraordinaire de commentaires et de critiques que le roman a suscités, de telles questions se posent encore.

Cette situation est la conséquence possible de l'étrange mutabilité du roman. La pluralité de ses caractéristiques n'est pas fixe mais changeante, trait commun aux oeuvres dites « classiques », qui, selon Antoine Compagnon, ne transcendent pas le temps mais sont déconcertantes « dans tout présent (1) ». En 1929, par exemple, Walter Benjamin, l'un des plus perspicaces premiers lecteurs de ...

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