« UN CHRIST GAY »

« UN CHRIST GAY »

Rencontre avec l'acteur anglais, dont l'existence a été scandée par l'oeuvre de Wilde. Il réalise et interprète aujourd'hui The Happy Prince.

Quelle est votre histoire avec Wilde ?

Rupert Everett - Vers 6 ans, ma mère me lisait Le Prince heureux au lit, la nuit. C'est un grand souvenir. Je viens d'une famille de militaires, on ne parlait pas beaucoup d'amour. Les contes pour enfants de Wilde sont assez durs, ténébreux. Ça m'a tourné la tête, à ma mère aussi, je crois. Quand je suis arrivé à Londres, en 1975, l'homosexualité n'était plus illégale depuis seulement sept ans. Mais la police pouvait encore débouler dans les clubs gays et embarquer tout le monde. On avait vraiment l'impression qu'on marchait dans les pas d'Oscar Wilde, tout le monde le connaissait dans le monde gay. Wilde est une bombe à retardement. Ce qu'il a subi est toujours d'actualité.

Dans les trois quarts du monde, l'homosexualité est toujours une question de vie ou de mort. Même en Europe, l'homophobie revient. Sans parler de l'Amérique de Trump ou du Brésil de Bolsonaro.

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Entretien

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