« Un amour quasi charnel »

« Un amour quasi charnel »

L'écrivain nous dit son rapport au français, qu'il envisage mutiple, considérant sa richesse au-delà de la langue classique avec laquelle il se plaît cependant à jouer dans ses romans.

Quel est votre rapport à la langue française ? Amoureux, charnel, compliqué, joueur ?

Gauz. - Mon rapport à la langue française est tout ce que vous citez, sauf « compliqué ». J'ai grandi dans un pays (la Côte d'Ivoire) où il y a 60 ethnies et au moins une centaine de langues. Le français est le trait d'union de tous. L'amour quasi charnel que j'ai pour le français n'est pas du tout fidèle et monogame. J'ai un amour général pour les langues, la façon dont elles modèlent les pensées et l'expression artistique.

Dans votre dernier livre, vous passez d'une langue très classique, pour le colon, à une langue très inventive et imagée pour l'enfant. Laquelle vous est la plus chère ?

J'aime les deux évidemment. J'aime le classicisme de la langue du colon, la manière dont elle se soumet à des règles très strictes ou absurdes pour trouver le beau geste. Comme en boxe. J'aime la souplesse de la langue de l'enfant, celle qu ...

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Grand entretien

Éric Vuillard

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« La Guerre des pauvres est une guerre qui n'est pas terminée. »