« Toni Morrison, l'écriture de la couleur »

« Toni Morrison, l'écriture de la couleur »

Chaque mois, un écrivain contemporain rend hommage à un auteur qui l'a marqué. Léonora Miano inaugure cet exercice d'admiration en posant un regard passionné mais sans complaisance sur l'œuvre de Toni Morrison.

La fréquentation des grands auteurs nous enseigne, lorsque nous souhaitons écrire à notre tour, qu'il ne faut les imiter que sur un seul point : comme eux, il faut chercher à créer son propre univers. Toni Morrison est un grand écrivain. Je l'aime comme on aime non pas une idole, mais une amie. Sans vénération. Avec une conscience aiguë de ses défauts. Aussi, il ne m'échappe pas qu'elle peut être verbeuse, exagérément lyrique, inutilement complexe, comme dans un refus de brader les révélations qu'elle nous fait. Morrison veut que ses livres se méritent. Elle a de l'ego. Rien de tout cela ne me gêne. Cette littérature est un terrain vallonné, et j'ai l'âme aventureuse. Engagée dans cet environnement turbulent, j'ai pu découvrir les trésors qu'il recèle : une recréation très juste de la communauté afro-américaine dans ce qu'elle a à la fois de charnel et de spirituel, des personnages féminins puissants, une incomparable restitution de la langue des Noirs américains, l'ambition de maté ...

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