« Radio-anatomie d'Artaud »

« Radio-anatomie d'Artaud »

Fin novembre 1947, quelques mois avant de mourir, Antonin Artaud réalise un « poème radiophonique » : Pour en finir avec le jugement de dieu. Ce testament sous forme de cri sera aussitôt censuré.

C'est la voix d'un barbare sans sexe qui me transperce lorsque j'écoute Pour en finir avec le jugement de dieu, empreinte sonore qu'Antonin Artaud a gravée sur une bande magnétique censurée par la Radiodiffusion française en 1948. Cette voix en moi a toujours fait écho aux chants des châtrés, au Crucifixus rossinien enregistré en 1902 par le très vieil Alessandro Moreschi, diva d'un monde en extinction. Ainsi parlait peut-être... Héliogabale.

« J'ai appris hier... » Dès les premiers sons du texte d'ouverture, on est comme aspiré au fond d'un univers hanté par un cauchemar où s'abolit toute différence sexuelle, toute sensualité, toute chair : un être hors humanité, qui semble avoir perdu le sommeil et l'haleine et devient corps sonore résonnant de son intérieur vidé et saturé à la fois. Est-ce pour une raison purement technique qu'on a l'impression de ne pas entendre sa respiration ?

Ce corps parle d'un corps s'extrayant du corps.

Cette masse assassinée, cette fi ...

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Entretien

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