« Proust ne se trompe jamais »

« Proust ne se trompe jamais »

Rencontre avec le maître français des études proustiennes, qui prépare une nouvelle édition de la correspondance.

Vos travaux ont dominé de la tête et des épaules quarante ans d'études proustiennes. Comment en êtes-vous venu à travailler sur Proust ?

Jean-Yves Tadié. J'ai eu une sorte de coup de foudre pour l'oeuvre de Proust quand j'avais 16 ans, en écoutant lire une page du Temps retrouvé par mon professeur de philosophie. Un des rares plaisirs de Proust lui-même était de lire, devant quelques amis, des pages de La Recherche. Il devait donc, comme Flaubert, penser que la littérature est faite pour être lue à haute voix... Tous les grands styles sont faits pour le souffle. Dans le cas de Proust, ce n'est pas parce que les phrases sont longues qu'elles sont un obstacle : pensez à Cicéron, à Bossuet ! Le choc fut immédiat. Dès ce moment-là, j'ai tout lu. Ensuite, lorsqu'il m'a fallu choisir un sujet de recherche, l'auteur que j'aimais le plus s'est imposé naturellement à moi. À cette époque, les études sur Proust qui prévalaient étaient des études de psychologie et de morale, auxquelles o ...

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Entretien

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