« Oh ! les petites bébêtes qui courent sur Madame ! »

« Oh ! les petites bébêtes qui courent sur Madame ! »

Des bêtes dans l'oeuvre de Proust ? L'auteur est plutôt réputé pour sa focalisation sur l'humain, décrypté à l'aune d'une introspection subtile, d'analyses de moeurs ou d'études sociales. Pourtant, du protozoaire à la méduse, en passant par, pour n'en citer que quelques-uns parmi une centaine, la mouche, le têtard, la salamandre ou le microbe, un bestiaire perçu traditionnellement comme inférieur en taille ou en valeur apparaît dans La Recherche, plus fort en nombre que la cinquantaine de mammifères qu'on y croise par ailleurs. Mis à part Zadig, le chien de Reynaldo Hahn, nulle empathie, nul sentimentalisme de Proust envers les animaux, « qui ne pensent à rien » : « le boa qui digère pendant dix jours, la marmotte qui dort un hiver, la baleine qui vit trois cents ans », nous sont radicalement étrangers. Mais ce constat d'indifférence ne résume pas le rapport de Proust à l'animalité, celle-ci lui semblant par ailleurs inhérente à l'humain - et à ses travers. La mythologie antique, si ...

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