« On ne voit plus ce qu'il y a sous nos yeux »

« On ne voit plus ce qu'il y a sous nos yeux »

L'écrivaine Fiona Melrose, qui vit à Johannesburg, explique à quel point on s'endurcit comme on s'aveugle face à une situation sociale d'une violence insupportable.

L'Afrique du Sud est marquée par une xénophobie constante et de fréquentes agressions, toutes communautés confondues... À quoi cela tient-il ?

Fiona Melrose. - Une partie de la xénophobie est due à l'abandon et à la lâcheté des hommes politiques qui, se disant débordés par la situation des immigrés, n'assument pas leurs responsabilités. Il s'agit aussi d'un manque d'éducation qui se perpétue de génération en génération. Sous l'apartheid, il y avait ce qu'on appelle l'éducation bantoue - une loi votée en 1953 qui sépare les Blancs et les Noirs dans les écoles et cantonne les Noirs à des métiers manuels. Quand il est devenu président, Jacob Zuma, à qui l'on reprochait d'être corrompu, a déclaré : « Je ne me ferai pas dire quoi faire par des Noirs intelligents. »Il a lui-même utilisé un langage discriminant qui, finalement, est endémique de l'Afrique du Sud. Et l'éducation, avec des professeurs qui n'ont pas un niveau suffisant, perpétue ce gen ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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