« Moe pis mon cheum »

« Moe pis mon cheum »

Une langue se nourrit d'emprunts pour survivre. Ils sont les témoins de sa vitalité. La francophonie est l'occasion de découvrir, au gré des pays concernés, un vocabulaire aussi riche qu'insolite. Exploration.

il y a déjà un certain temps, et peut-être davantage, que je fais mon cirque avec les mots : je jongle, je funambule, j'escamote, j'histrionne, je cabotine, bref, j'acrobate avec plus ou moins de bonheur. Mais il arrive un moment où, à force de modeler, palper, chatouiller, titiller, tordre, bref, malaxer les mots, il me vient l'incoercible envie, à l'instar de mon maître et ami Alain Rey, de rétablir certaines vérités face à ceux qui sont étonnés voire exaspérés par les nouveautés langagières qui polluent notre belle langue. Ainsi, il écrivait récemment dans un hebdomadaire : « Quand j'entends dire que la langue française s'appauvrit, ça me fout en rogne. » Pour lui, la notion de langue pure est un mythe ; elle doit se nourrir d'emprunts si elle veut survivre, car ceux-ci sont le témoignage de sa vitalité. Chacun sait qu'il existe deux sortes de langues, les langues mortes qui vivent à l'abri dans les textes et les langues dites vivantes parce qu'elles épousent l'évolution ...

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