« Misérable femme »

« Misérable femme »

Germaine de Staël contre Napoléon

Noble convertie à la république, la femme de lettres se rallia d'abord au futur empereur avant de prendre ses distances avec celui dont elle soupçonna les tendances dictatoriales. Tant qu'il sera au pouvoir, il la poursuivra de sa vindicte.

Au début étaient une femme brillante et un guerrier auréolé de gloire. Elle s'appelle Germaine de Staël ; il se nomme Bonaparte. Fille du célèbre Necker, elle a été d'abord favorable à la monarchie constitutionnelle, mais la fuite du roi arrêté à Varennes l'a convertie à la république. Fort bien. Mais ce régime peine à se stabiliser et se radicalise sous la Terreur. Mme de Staël se réfugie en Suisse après les massacres de septembre 1792.

C'est la chute de Robespierre, le 9 thermidor (27 juillet 1794), qui lui permet de revenir à Paris, où elle tient un salon très huppé. La Convention thermidorienne accouche d'un nouveau régime, le Directoire ; elle y adhère en même temps que Benjamin Constant. Lui, le jeune général, acquiert sa célébrité par sa campagne d'Italie, où il remporte victoire sur victoire. Elle, elle participe à l'engouement collectif ; elle veut voir le jeune héros. Mais le courant ne passe pas. Bonaparte, à qui Germaine demande quelle est selon lui la femme la p ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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