« Ma douce petite putain »

« Ma douce petite putain »

De Virginia Woolf à James Joyce en passant par Henry Miller et Anaïs Nin, la correspondance amoureuse des écrivains hisse parfois l'obscénité au rang des beaux-arts.

Cela commence parfois ainsi : « J'ai aimé votre livre, alors je vous envoie le mien. » En 1977, Eugène Savitzkaya (lire encadré page ci-contre) publie Mentir aux éditions de Minuit. Hervé Guibert le lit. À celui en qui, d'instinct, il voit un frère en littérature, Guibert adresse son roman, La Mort propagande, et glisse, dans la clôture de deux parenthèses, son numéro de téléphone. Savitzkaya répond. Il a reçu. Il a lu. Il a aimé ; mais ne s'épanche guère. Silence de quatre ans. Puis nouvel envoi de livre « Cher Hervé, j'aime décidément beaucoup ton livre. Je le lis tout doucement. » La brûlure d'Éros se niche parfois dans le tremblement d'une virgule ou un brusque passage au tutoiement. De 1977 à 1987, date à laquelle ils se retrouveront tous deux à Rome, Guibert et Savitzkaya s'écriront, se liront, se rapprocheront, puis s'éloigneront mais se liront encore. Dans leur correspondance, délicate jusque dans ses nonchalances, s'opère une intrication entre cor ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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