« Les mots sont à nous »

« Les mots sont à nous »

L'écrivaine américaine savait faire partager son exigence poétique quand elle s'adressait aux enfants, comme dans ce recueil de 1946, resté inédit en français. Les mots sont à nous, oui, et « il suffit de les tenir dans les mains pour jouer avec ».

Un soleil aimerait pouvoir se coucher quand il le souhaite. Un petit garçon seul au monde rencontre une ronce à l'air aimable. Un chien est pris par l'intense désir d'apprendre à lire. Une plume déchaînée fuit, bave et tache les doigts si l'on ne se montre pas ferme avec elle. Dans son Livre de lecture, Gertrude Stein développe une poétique destinée à la jeunesse. Ces fragments prennent une forme de comptines qui racontent de petites histoires, agrémentées d'illustrations candides signées Alice Lorenzi. L'ensemble a l'apparence d'un livre de contes anciens. On y repère la chaleur d'une voix qui lit, tout haut, quelques aventures - ici plus poétiques que narratives - avant le coucher des jeunes gens. Chez Gertrude Stein, l'imagination est une faculté nourrie d'expérimentations langagières : elle multiplie les jeux de mots autour d'homonymies, les répétitions, les anthropomorphismes et autres absences de ponctuation. En fait, ce recueil s'inscrit dans la continuité de son pre ...

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