« Le texte comme un corps »

« Le texte comme un corps »

Comment faire un film sur Antonin Artaud ? Il faut partir du texte, de l'écriture même, et non de l'image qui, elle, s'oppose à la vie. Un film sur Artaud ne doit pas être autre chose qu'une lecture d'Artaud.

J'ai fait cinq films sur des écrivains en un peu plus de quinze ans. Les deux premiers - qui ont été montrés sur Arte - étaient consacrés à Bruno Schulz et à Jean Reverzy. C'était des auteurs que j'avais lus vingt ou vingt-cinq ans auparavant, vers la fin des années cinquante. Ils étaient édités par Maurice Nadeau chez Denoël et Julliard. Sitôt lus, ils ont fait partie des auteurs qui devaient m'accompagner au long de ma vie, sans éprouver nécessairement le besoin de les relire. Ils m'avaient imprégné, définitivement imprégné. Je les avais incorporés, comme aurait dit Artaud. « Le lion, notait Valéry, est fait de mouton assimilé. » J'étais fait de ces auteurs assimilés, quel que soit le jugement que l'on pourrait porter sur la qualité nutritive de cette assimilation. Si bien que lorsque les circonstances ont rendu possibles les deux petits films que je leur ai consacrés, à la fin des années quatre-vingt, c'est tout naturellement que j'ai eu envie de faire entendre et de faire lire l ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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