« L'argent que je n'aurai jamais »

« L'argent que je n'aurai jamais »

Financièrement pauvres mais sexuellement prodigues : tels sont les personnages de Bolaño, qui reflètent sa conception de l'art poétique.

Il paraît que les poètes seuls sont incorruptibles. Peut-être parce qu'ils n'ont rien. La misère radicale se transforme en pureté, en un acte politique vaillant, solide. Bolaño était obsédé par les poètes, parce qu'ils étaient la seule chose qui résistait à l'argent. Ils n'avaient pas d'argent, les poètes, mais ils avaient la connaissance. C'est le paradoxe qu'aimait l'auteur de 2666. [...] L'étalage de l'argent, quand c'est si peu d'argent, devient la meilleure poésie du monde. Dans un poème, Bolaño dit : « L'argent que je n'aurai jamais et qui par exclusion fait de moi un anachorète, le personnage qui soudain pâlit dans le désert. » L'image de l'anachorète postmoderne, de l'écrivain qui se sait incapable de gagner de l'argent alors qu'il sait que c'est tout, ou presque tout, est suggestive. Dans la poésie de Bolaño, comme dans ses récits, le sexe décharné ou physiologique ou explicite a une grande importance. Les poètes n'avaient pas d'argent, mais ils faisaient l'amour, ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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