« La réalité, mon unique grand amour »

« La réalité, mon unique grand amour »

Avec Accattone, Pasolini passe en 1961 à la réalisation pour filmer les faubourgs romains : une manière de s'échapper dans des terrains socialement et artistiquement en friche.

Entre autres maintes raisons, le passage à la réalisation de films, pour Pasolini, répond au dé sir d'échapper aux horizons étroits de la nation d'appartenance. L'adoption d'un langage transnational comme celui du cinéma lui permet de se soustraire simultanément à sa langue et à sa littérature. [...] Pasolini entrevoit même dans le cinéma une possibilité de régénération de la tradition littéraire. Cette idée traverse une lettre de janvier 1960 à Luciano Anceschi : « Je ne sais pas ce que je donnerais pour que, sémantiquement, la langue italienne ait la validité absolue et catégorisante d'une image photographiée. » Comme alternative à la littérature se profile à présent l'image cinématographique, mimétique par droit originel.

Si l'oralité en littérature possède encore et toujours chez Pasolini les prérogatives attribuées à l'emploi du frioulan, pensé et vécu comme une forme de « régression le long des degrés de l'être (1) », c'est à présent le cinéma, aux yeux ...

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