« LA CRÉATION DE TOUT UN PEUPLE »

« LA CRÉATION DE TOUT UN PEUPLE »

Pour Greil Marcus, ce ne sont pas les conditions sociales qui éclairent la chanson, mais l'inverse.

Dans votre livre, vous rapportez une phrase de Dylan expliquant que ses chansons « existent avant lui », dans l'air qu'il respire, et qu'il ne fait qu'en « prendre note », à la manière d'un simple « scripteur ». Est-ce, selon vous, particulier à la folk ou peut-on généraliser cette notation à la chanson en tant que genre ?

Greil Marcus. La folk music est un média démocratique, peut-être même le domaine aux États-Unis où l'ethos démocratique américain est le plus présent et actif, bien plus que dans le champ politique... Les paroles y migrent constamment d'un titre à l'autre, s'interpénètrent. C'est la création anonyme de tout un peuple. La notion d'« auteur » y est donc relative. En ce sens, les chansons de Bob Dylan sont bien, comme il le dit, moins écrites que « trouvées ». Mais c'est aussi le cas d'autres titres. Prenez « What'd I Say », de Ray Charles. Il l'a créé un soir de 1958 dans une boîte de nuit. Le publi ...

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► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

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