« L'écrivain ne décline pas son identité »

« L'écrivain ne décline pas son identité »

Le philosophe Alain Finkielkraut récuse la notion d'école juive en littérature. Mais il remarque aussi, chez de nombreux écrivains juifs, en France comme aux États-Unis, un souci partagéde la transmission et de la fidélité.

L'idée d'une école juive dans la littérature me met profondément mal à l'aise. La prétention de l'œuvre littéraire à l'objectivité et à la vérité se trouve déniée dès lors que l'on définit la littérature par son origine, quelle qu'elle soit, nationale, religieuse ou sexuelle. S'il n'y avait qu'expression de la subjectivité individuelle ou collective dans la littérature, celle-ci ne vaudrait pas une heure de peine.

Chez la plupart des juifs, la sortie de la religion ne s'accompagne pas d'une sortie du judaïsme. Mais il ne faut pas en conclure que la rupture n'a pas eu lieu et que les œuvres romanesques des grands écrivains juifs sont toutes imprégnées, d'une manière ou d'une autre, par la sagesse de la tradition. D'ailleurs, le dernier roman de Philip Roth, Un homme, raconte la vie et la mort d'un juif que la religion n'est plus en mesure de consoler. L'émotion que procure ce roman vient aussi de ce qu'il parle de la mort dans sa matérialité sans issue. La consolation religieu ...

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