« Je veux écrire mes films comme un écrivain imagine ses livres »

« Je veux écrire mes films comme un écrivain imagine ses livres »

Rencontre avec Albert Serra

J'ai étudié la littérature et je suis devenu réalisateur par hasard. Je veux écrire mes films au présent, comme un écrivain imagine ses livres. Les personnages prennent forme en temps réel dans la création. Ce n'est pas évident au cinéma à cause de l'argent, des contraintes du tournage. Mais c'est possible grâce au numérique. Je tourne d'une façon très chaotique, avec trois caméras allumées en permanence. Quand je commence je ne sais pas moi-même de quoi parle mon film. Pour Liberté, il y a un point de départ : un portrait du XVIIIe siècle, du libertinage. Quelque chose qui évoque le marquis de Sade bien entendu. Mais Sade est irreprésentable. Ça marche très bien en littérature ; en film ce serait gore, ça sonnerait faux.

Ensuite, j'ai analysé les images que j'avais tournées - trois cents heures de rushs comme toujours ; il y avait dans le regard des acteurs, leur façon de bouger, une attitude plus noire, plus métaphysique, qui ne correspondait pas à la rhétorique X ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard