« Je souffre, et je déteste ça »

« Je souffre, et je déteste ça »

La fameuse réplique du marquis de La Chesnaye dans La Règle du jeu dit tout de la comédie humaine à la française, essence du vaudeville, sur la scène comme dans la vie.

La réplique la plus française de toute l’histoire du cinéma français, et je crois aussi ma réplique préférée, celle qui me parle certainement le plus, c’est le marquis Robert de La Chesnaye, le collectionneur d’automates de La Règle du jeu de Jean Renoir, qui la prononce : « Je souffre, et je déteste ça. » Je ne me souviens plus du détail de la situation. C'est un mari trompé, mais il le sait, et je ne suis pas certain que ce soit de cela qu'il souffre. Car il trompe lui-même sa femme et, ce dont il souffre, c'est sans doute plus modestement de manquer de courage pour quitter sa maîtresse. Aux hommes il préfère de loin la compagnie de ses automates, et le génie du film c'est justement, pour Renoir, de traiter toujours ses protagonistes en automates. Et de les précipiter ainsi, à la fois superbement intelligents et merveilleusement idiots, dans la grande machination de son scénario, jusqu'au coup de feu du fait divers final, jusqu'au coup de théâtre de la guerre mondiale - e ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

Offrez un abonnement au Nouveau Magazine littéraire

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon