« Je l'ai écrit pour tous »

« Je l'ai écrit pour tous »

Tout le monde a trouvé et trouvera son compte dans les dédales des Misérables, ce Louvre du roman.Qui oserait, face aux misères d'aujourd'hui, un tel geste, à la fois populaire et radical, optimiste et nihiliste ?

curieux comme tant de lecteurs ont fait et font encore la fine bouche devant ce roman monstrueux, énorme, supérieur. Jean-Marc Hovasse y revient ici même (p. 95-97), comme dans sa passionnante biographie de Victor Hugo à laquelle je me permets de renvoyer. Rappelons tout de même qu'Alphonse de Lamartine émet des réserves - vous savez, celui dont charitablement Flaubert a dit un jour : il lui manque la couille. Barbey d'Aurevilly, qui, lui, n'en manque pas, revient plusieurs fois à la charge contre le roman. Charles Baudelaire publie un article laudateur et pénétrant, mais daube en privé sur le caractère édifiant de l'ouvrage. Quant à Flaubert, qui diffère la sortie de sa Salammbô pour que Les Misérables ne lui fassent pas d'ombre, il trouve que le grand homme a bien baissé. La palme de l'élégance revient comme d'habitude aux Goncourt : eux jugent que Victor Hugo n'est pas assez bien documenté sur la misère et la prostitution. Ils ajoutent cet argu ...

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