Entretien avec Ma Jian : « J'ai peur pour ces jeunes »

Entretien avec Ma Jian : « J'ai peur pour ces jeunes »

Pour cette figure de la littérature chinoise en exil, la jeunesse de son pays croit qu'une nation se mesure à son PIB et non à sa culture et à ses libertés.

Comment définiriez-vous la jeunesse chinoise actuelle ? Celle issue de la politique de l'enfant unique ?

Ma Jian. - C'est une « génération dépenses » : de riches prisonniers aveugles à leurs chaînes. Ils ont grandi dans un régime totalitaire qui les a privés d'un récit juste du passé, du droit d'exprimer des points de vue différents ou de contester l'autorité. Ils sont nés des chaînes aux pieds, mais ils y sont tellement habitués qu'ils ne les sentent plus s'enfoncer dans leur peau. Depuis le massacre de Tiananmen, le seul objectif qui leur a été fixé est de s'enrichir et d'aider la Chine à devenir une superpuissance économique. Il en résulte une génération qui croit que la valeur d'une vie humaine se mesure à l'argent accumulé et dépensé.

La politique de l'enfant unique a bien sûr eu un impact profond. La fratrie aide à tempérer l'ego et nourrit la compassion. Pendant trente-cinq ans, les enfants chinois ont grandi en croyant que le ...

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