« Enracinés dans l'éternité »

« Enracinés dans l'éternité »

Fasciné dans sa jeunesse par le pouvoir visionnaire de Bernanos, l'essayiste et académicien revient, en passant par Chateaubriand et Huysmans, sur les grandes étapes de la littérature catholique.

Qu'évoque pour vous, spontanément, la notion d'écrivain catholique ?

Marc Fumaroli. - Un souvenir de jeunesse : celui de Georges Bernanos. Revenant du Brésil, Bernanos s'est arrêté au Maroc, où il a fait une tournée de conférences. À Fez, dans un cinéma, j'ai assisté à l'une d'entre elles, qui s'intitulait « La France contre les robots ». Sur tout ce qui concerne l'intelligence artificielle, le perfectionnement de nos cinq sens par des implants, des puces, le remplacement de la nature imparfaite par la perfection technologique, sur tout cela, Bernanos a senti venir le péril. Je dois dire que j'ai été saisi par la puissance quasi visionnaire de sa parole, par son aspect aussi un peu étrange avec ses yeux globuleux, sa nervosité noble mais anxieuse. Il improvisait avec une énergie, une virulence, une authenticité extraordinaires. C'était une sorte de prophète. Nul n'aurait imaginé, dans notre lointaine province du protectorat, une présence et u ...

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