« Descousu et hardy »

« Descousu et hardy »

Faite d'avancées, de reculs, de ruptures, la langue de Montaigne épouse les sauts et les gambades de son esprit, le tout en français et en gascon mêlé de latin et du cru parler soldatesque.

Vouloir évoquer en quelques lignes la langue de Montaigne est un projet à peine moins invraisemblable que de vouloir résumer les Essais. Mais ne pas aborder la langue de Montaigne dans un dossier qui lui est consacré serait une entreprise tout aussi absurde, tant les Essais sont d'abord l'essai d'une langue. Contrairement à nombre de ses contemporains, Montaigne n'a pas laissé d'écrit théorique séparé (art d'écrire ou préface) décrivant la langue qu'il pratique. En revanche, les Essais fourmillent de références explicites à ses langues, celles qu'il parle, celles qu'il entend et éventuellement admire, et à sa langue, celle qu'il forge dans l'invention de l'essai (nous laissons de côté le fait qu'il écrive aussi l'italien, qu'il adopte, au cours de son voyage en Italie, dans son Journal). L'existence d'annotations manuscrites de sa main, dans les archives du Parlement de Bordeaux, dans les marges de l'« Exemplaire de Bordeaux » ou dans celles des l ...

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